Web série « les engagés »

Cette semaine je te recommande chaudement la web série « les engagés » diffusée sur la très chouette chaine YouTube Studio 4.

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Résumé : Le Point G est un Centre LGBT situé à Lyon. Thibaut est un de ses militants les plus actifs, très engagé dans la lutte pour les droits des homosexuels. Son quotidien est soudain bouleversé par le retour dans sa vie d’Hicham, une connaissance qu’il n’avait pas revu depuis des années et qui vient chercher auprès de lui la force de faire son coming-out et de trouver sa véritable identité. Hicham admire le charisme et l’engagement de Thibaut mais, jeté brusquement au milieu des luttes politiques du Point G, il va rapidement en percevoir les limites et les contradictions…

Pour l’instant il y a 9 épisodes et c’est vraiment pas mal parce que ça aborde plein de sujets qui touchent à la thématique LGBT mais aussi le monde associatif.

Le mieux c’est que je te laisse regarder la bande annonce :

J’en profite pour rappeler qu’en ce moment s’organisent un peu partout en France des marches des fiertés (ou gaypride), il doit forcément y en avoir une de prévue dans ta ville ou pas loin, alors n’hésite surtout pas à y aller.

 

La poudre, podcast de L. Bastide

LaPoudre

Lauren Bastide est journaliste et a notamment bossé pour le magazine « Elle » et sur Canal+ pour le « grand journal », en décembre dernier elle a lancé ce podcast féministe et c’est su-per-trop-bien. Le concept est simple : elle va à la rencontre de femmes artistes, politiques, intellectuelles, et elle les fait parler. De tout et de rien, de leur enfance, de leurs projets, de leurs engagements, de leur vie de femme… Chaque épisode dure environ une heure et c’est fou comme c’est passionnant. J’ai adoré écouter les invitées suivantes : Inna Modja, Houda Benyamina, Pénélope Bagieu, Rama Yade (contre toute attente !) et OcéaneRoseMarie. Mais j’ai également aimé toutes les autres. Je me suis rendue compte que ça faisait drôlement de bien d’entendre des femmes parler, se confier, de pouvoir s’identifier à elles, d’avoir des modèles féminins forts. Ca donne confiance, ça donne envie d’oser, de se lancer, de ne plus douter de sa légitimité, c’est vraiment un beau cadeau à toutes les femmes ce podcast. Si ma route croise un jour celle de Lauren Bastide je lui dirai un grand merci.

A écoutez sans modération ❤

 

The magdelene sisters. P Mullan

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Peter Mullan s’est inspiré du documentaire « Sex in a Cold Climate » de Steve Humphries. Son film revient sur l’histoire des couvents de la Madeleine. Dans ces établissements, créés en Irlande au XIXe siècle, les jeunes filles, considérées comme perdues par leurs familles, étaient placées pour expier et racheter leurs péchés.

Le pitch :

Irlande 1964. Trois jeunes femmes sont envoyées au couvent des sœurs de Marie-Madeleine afin de « retourner dans le droit chemin ». La première s’appelle Margaret, elle a été violée par un de ses cousins, ce qui provoque la honte sur elle et sa famille (par contre le zin-cou personne ne lui dit rien, t’inquiète). La deuxième, Bernadette, est devenue un peu trop jolie et on considère que sa nature et son caractère la destinent au pire. La troisième, Rose, donne naissance à un enfant hors mariage. On lui prend son enfant et elle dégage au couvent, hop.

Les trois jeunes femmes sont immédiatement confrontées à Sœur Bridget, qui dirige l’établissement et leur explique comment, par la prière et le travail, elles expieront leurs pêchés et sauveront leur âme. Telles Marie-Madeleine lavant les pieds du Christ, c’est en lavant le linge de l’Église irlandaise et de la bonne société que ces femmes se laveront de leurs péchés en travaillant pendant des années comme des esclaves, battues, humiliées, et mal nourries.

J’ai vu ce film à sa sortie en 2002. Il m’a tellement bouleversée que j’ai pleuré pendant des heures. Je me demande si ce n’est pas le premier film féministe que j’ai vu d’ailleurs…Bref c’est super, il faut absolument le voir. Enfin, si tu veux.

La bande annonce : https://youtu.be/4dqMxvJLmew

 

 

Les crocodiles – T. Mathieu

les crocodiles thomas mathieu

Tu te souviens je t’avais parlé de Thomas Mathieu dans l’article sur « Le féminisme en 7 slogans et citations » écrit par Anne-Charlotte Husson ?

Et bien avant il avait fait cette bédé. Il explique que tout est parti d’un documentaire sur le harcèlement de rue et sur sa prise de conscience du fait que TOUTES les femmes l’avaient subi au moins une fois dans leur vie, et que pour certaines c’est un calvaire quotidien. Après avoir vérifié la statistique auprès de ses amies il a décidé de lancer un Tumblr sur le sujet en invitant les filles à témoigner puis il illustrait.

L’auteur retranscrit donc ici des histoires vraies qui lui ont été confiées par des filles, à propos du harcèlement de rue ou dans les transports en communs, du sexisme et des abus ordinaires, du harcèlement sexuel au travail, du viol conjugal, des soirées qui dégénèrent, des raclures qui mettent du GHB dans les verres et j’en passe…

A la fin de l’ouvrage il donne la parole à des féministes qui apportent leur éclairage sur le sujet puis il décrit des « stratégies » qu’il a glané ici ou là auprès de collectifs de lutte contre le harcèlement. J’en ai retenu deux :

  1. En tant que témoin : ne pas laisser s’installer la dilution de la responsabilité et interpeller les autres personnes autour de vous afin de se mettre à plusieurs pour intervenir.
  2. En tant que victime : taper un scandale, crier en prenant à parti les témoins s’il y en a, et en cas d’agression physique, se défendre par la violence si besoin (et si possible) : à noter que ce serait efficace à 90 %.

Bien sûr il n’y a pas de remède miracle et ces « trucs » ne fonctionneront pas forcément mais c’est bon à savoir…

 

Lucas, un enfant, quatre parents.

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Ce documentaire, réalisé par Eva Maschke (la sœur de Thomas, qui a des lunettes sur la photo ci-dessus) aborde le sujet de l’homoparentalité et de la coparentalité. Pendant un an, nous suivons la vie de ces quatre personnes et de leur bébé. Un couple d’hommes : Thomas et Sébastian et un couple de femmes : Josefin et Cindy. Cindy et Sébastian sont les parents biologiques de Lucas. Mais c’est le quatuor qui assume la prise en charge de l’enfant avec un système de garde partagée.

J’ai trouvé ce film très intéressant notamment parce qu’il montre la possibilité de faire d’autres choix que ceux dont on croit disposer à la base. Il montre comment ces quatre personnes vont sortir du cadre, au sens propre comme au figuré car non seulement d’un point de vue sociétal ils sont marginaux mais légalement c’est aussi compliqué (le coparent n’a aucun statut vis à vis de l’enfant).

Mais on sait bien qu’à force de sortir du cadre les choses changent, dans les mentalités comme dans les textes de lois, même si ça prend parfois des plombes 😀

Regarder le documentaire sur YouTube

 

 

Gouines à suivre – A Bechdel

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Tu connais peut-être Alison Bechdel, notamment pour son ouvrage « Fun home : une tragicomédie familiale » une chouette bédé autobiographique parue en 2006 qui a connu un certain succès.

Tu as peut-être également entendu parler d’elle par le « test de Bechdel » qui démontre à quel point la majorité des œuvres (films, séries, livres) est centrée sur le genre masculin de leurs personnages. C’est un test dont parle Mirion Malle dans son excellente bédé « commando culotte » dont j’ai causé il y a quelques temps sur ce blog.

Concernant « l’essentiel des gouines à suivre », il s’agit d’une compilation de strips parus initialement dans Womanews, une revue féministe américaine. Ces histoires racontent les aventures d’une communauté lesbienne new yorkaise dans les années 90, il semblerait que le récit soit largement autobiographique là aussi.

On suit donc les tribulations de ce groupe d’amies lesbiennes, leurs relations, naissantes ou engagées sur le long terme, leurs infidélités parfois, leurs ruptures, leurs envies d’enfants ou pas, leurs amitiés, leurs engueulades, leurs boulots, leur sexualité, leurs engagements queers ou politiques, les discriminations… Chaque personnage de ce petit groupe finit par devenir attachante et on a hâte de savoir ce qu’il va leur arriver au fil de ces 200 pages qui passent finalement un peu trop vite…

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« Idéal standard » – Aude Picault

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Je vais pas te mentir, avec la couverture jaune poussin montrant cette jeune femme au sourire gentillet, je pensais lire un truc mignon mais sans plus. Et bah pas du tout mais alors PAS DU TOUT. Toutes les deux pages je poussais des exclamations de joie et je postais des dialogues sur Instagram tellement je trouvais ça pertinent (oui je suis sur instagram sous le pseudo lejournaldetantepolly si ça t’intéresse).

C’est l’histoire de Claire, 32 ans, infirmière en néo nat, hétéro. Elle est célibataire mais elle a vraiment envie de se caser et de fonder une famille. Elle enchaîne les rendez-vous plus ou moins foireux avec des gars connus sur des sites de rencontres. Un jour elle fait la connaissance d’un homme avec lequel ça va bien se passer. Alors ils vont se mettre en couple, puis s’installer ensemble. Ensuite les choses ne vont pas forcément tourner comme elle l’aurait voulu mais elle va super bien gérer. A la fin j’avais envie que ce soit ma copine et de la prendre dans mes bras.

Pour finir de te convaincre voici une liste des sujets follement intéressants abordés dans cet ouvrage formidable :

  • l’orgasme féminin  (clitoridien quoi qu’il arrive, by the way)
  • la pression des hommes exercée sur les femmes pour pratiquer la sodomie (parce que toutes les actrices porno le font donc pourquoi pas toi ?)
  • le besoin irrépressible que certain(e)s ont de genrer les personnes, même les bébés
  • l’IVG
  • le harcèlement de rue
  • la pression sociétale sur les célibataires pour qu’ils se mettent en couple
  • l’hétérosexisme
  • la pression exercée par le corps médical sur les patientes et leur fécondité

Le seul mini bémol c’est qu’elle n’épargne pas les mecs et qu’on aurait vite fait de faire une généralité si on n’y prenait pas garde. A part ça c’est vraiment su-per.

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« Elles prennent la parole » L Bordier et L Miquet

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Voici un documentaire très intéressant qui pose les questions suivantes :

  1. Pourquoi y a t-il si peu de nanas sur YouTube en dehors des chaines beauté ?
  2. Comment ça se passe quand une femme lance sa chaîne sur un sujet considéré comme « non féminin » ?
  3. Quelles sont les réactions du public ?
  4. Pourquoi c’est important que les femmes existent sur YouTube et que les champs de la connaissance abordés sur les chaînes soient les plus variés possibles ?

Pour répondre à toutes ces questions, les réalisatrices dressent le portrait d’une dizaine de youtubeuses qui vont t’apprendre un tas de trucs et te raconter des anecdotes de fifou.

Personnellement ça m’a donné envie de lancer ma chaîne. Dès que j’aurai compris comment ça marche.

 

« Sex story » L. Coryn et P. Brenot

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Le sous titre « la première histoire de la sexualité en BD » a tout dit. C’est super complet, limite encyclopédique, et donc pas toujours très léger comme lecture, mais c’est hyper bien.

Philippe Brenot est psychiatre, anthropologue et sexologue, il a écrit de nombreux ouvrages sur ce thème. Laëtitia Coryn est aux dessins, assez régulièrement elle fait dire des conneries aux personnages histoires d’apporter un peu d’humour dans toute cette masse d’informations. C’est pas toujours hyper fin mais quand même bien drôle, et c’est souvent féministe, bref un combo gagnant.

Ils partent de la préhistoire jusqu’à nos jours et nous décrivent la sexualité telle qu’elle était vécue à chaque époque. Il y a plein d’anecdotes, par exemple : tu savais qu’on doit sans doute à Cléopâtre l’invention du vibromasseur ? C’est vraiment très instructif… et au cas où on en doutait encore, on voit à quel point la sexualité est influencée par le culturel.

Je te cache pas que j’ai tout lu d’une traite et que ça fait beaucoup…je pense qu’il faut avoir cet ouvrage chez soi histoire de pouvoir le relire par petites touches. Ou pour se replonger dans une période précise histoire de se rafraîchir la mémoire. Un bon livre à  mettre dans les chiottes tiens par exemple (et c’est pas du tout péjoratif hein tu l’auras compris).